De l’autre côté du miroir : le métier de vendeuse

Hello les amis ! J’espère que vous allez bien. Il ne reste que quelques jours avant les fêtes de fin d’année et je peux vous dire que j’ai hâte ! La reprise du travail depuis la réouverture des commerces, début décembre, était particulièrement intense entre les cadeaux pour la St Nicolas, Noël et les pré-soldes. J’ai l’impression de vivre un entrainement intensif sportif … bon j’exagère largement car je n’en ai aucune idée, mais je l’imagine ainsi 😇. En tout cas, c’est la deuxième fois que je vis ces moments de fin d’année en tant que vendeuse, et je me suis dit qu’il serait intéressant de partager mon expérience, entre la vision que j’avais en tant que cliente et la réalité du terrain…

Tout à commencé en 2019 …

J’avais trouvé une opportunité professionnelle en Ressources Humaines dans une petite entreprise de Consulting à Bruxelles. Ce qui m’a amené à déménager de Paris. Malheureusement cela ne se déroule pas comme je l’espérais et me laisse un goût amer, voire une grande déception par rapport aux croyances que j’avais pour ce domaine. Bref, je viens donc à remettre en question mes choix, mes études et mes envies : ai-je envie de continuer ? Serais-je encore déçue ? Qu’est-ce qui m’anime ? Puis un jour, en partageant un rêve innocent avec une amie, elle me dit tout simplement : arrête de te plaindre et lance-toi ! Donc après avoir tenue 6 mois, j’ai décidé d’arrêter le contrat et de tenter l’aventure dans un autre domaine qui me passionnait secrètement.

Ce rêve était de lancer un projet de création d’une marque vêtement. Le problème est que je n’y connaissais rien à ce domaine, mais je savais qu’il était temps de tenter une nouvelle expérience. Nouvelle ville, nouvelles expériences. J’ai donc décidé de postuler dans les boutiques de vêtements (plutôt hauts de gammes comme Maje, Sandro, Ba&sh, etc.). Par chance, je venais de rencontrer une personne sur Instagram (qui est aujourd’hui une très chère amie) qui m’a coopté pour la remplacer. L’entretien avec la manager c’était très bien passé. On m’a alors annoncé, je devrais passer un test en boutique avec des (vrais) clients, un samedi après-midi, soit le pic le plus important de la semaine. Je vous laisse imaginer mon taux de stress, car il faut savoir que je suis de nature discrète et pas forcément à l’aise pour aborder les personnes de manière générale. Il fallait donc que je me prépare … et le résultat n’était pas du tout ce à quoi j’osais espérer …

Le fameux test en magasin

Ce test était un exercice qui me sortait complètement de ma zone de confort. Il fallait que je me prépare car je n’avais aucune idée des compétences qu’il fallait avoir pour ce poste. Alors oui certes, ce job ne nécessite pas de compétences particulières, mais j’étais tellement stressée que je n’avais plus les idées claires 😅. Bref, j’ai tenté de me renseigner auprès de mon amie, qui m’a coopté pour connaître les attentes de la manager. Elle m’a confié qu’il fallait que je travaille des phrases d’accroches pour accueillir le client… et là trou noir… je n’avais aucune idée de ce que pouvait être une phrase d’accroche à part « Bonjour, bienvenue dans la boutique ! ». J’ai même fait quelques recherches sur internet pour trouver quelques astuces (vous voyez à quel point je n’étais pas à l’aise). J’ai également scruté le site de la marque pour me familiariser avec les produits et des essaies la veille au soir avec monsieur … puis le temps était venu me jeter à l’eau…

Le test durait 2 heures, de 13h à 15h. Inutile de rappeler à quel point j’étais stressée… tellement que je m’étais rendue à la salle de sport le matin même pour l’évacuer. En fait, j’avais peur d’aller aborder les clientes tout en étant observé par la manager… mais bon il fallait bien se lancer. Les premiers contacts n’étaient pas du tout naturels. Je pense que les clientes ont dû le ressentir, mais résultat, j’ai réussi à faire un ticket de 600€ ! Quelle fierté ! Je ne m’y attendais pas du tout et, en plus, ces clientes étaient adorables. Une mère et sa fille qui venaient d’Édimbourg et cherchaient une tenue pour la rentrée des classes. Deux heures plus tard, le test touchait à sa fin. En y rependant, ce n’était pas fameux mais j’étais contente de l’avoir fait et surtout d’avoir réussi à faire une belle vente durant ce test.

J’ai été acceptée ! Quel joie et quel soulagement. C’était comme une petite victoire personnelle d’avoir réussie à obtenir un job qui me sortait de ma zone de confort et de ce que j’avais pu connaitre jusqu’ici. Mais maintenant il fallait assumer. Je suis restée environ 6 mois dans cette boutique. Six mois d’apprentissage intensif …

Ce qui se cache derrière le métier de vendeuse

En 6 mois j’ai appris beaucoup de choses sur le métier de vendeuse et c’était pas ce que j’avais imaginé :

  • Le cycle de vie d’une boutique : durant l’année, il y a des temps forts comme les soldes, les ventes privées et les fêtes annuelles. Ces moments demandent une grande exigence de notre part, car il y a beaucoup de passage, donc plus de stresse puisqu’il faut arriver à répondre à toutes les demandes, le rythme est soutenu sur plusieurs jours, les dimanches sont ouverts, la boutique est réorganisée… bref durant ces périodes, le rythme est assez éprouvant. J’ai comme l’impression de survivre dans un bain rempli de piranhas.
  • La gestion des clients : en fonction des jours de la semaine, la gestion des clientes n’est pas la même. Il y a moins de passage en début de semaine, nous pouvons donc prendre le temps avec les clients pour les conseiller et passer du temps avec eux. En fin de semaine, (en général du jeudi au samedi), il y a beaucoup plus de passage et là il faut arriver à gérer plusieurs clients à la fois. La plupart d’entre eux sont ouverts et acceptent les conseils, mais il faut aussi faire face à des clients… comment dire… moins évident. En général, sont eux qui me prennent le plus d’énergie, car la conversation est moins naturelle et me demande d’avoir un surplus de self-control si je fais face à une agression verbale. J’ai encore du mal à rire de ce genre de situation. Je suis plutôt du genre à m’énerver intérieurement. Puis, au quotidien, il faut aussi rester souriante et accueillante même lorsqu’on est fatiguée ou de mauvais poil.
  • La gestion des stocks : pour qu’une boutique fonctionnement bien, il faut que le stock soit bien organisé et cette partie est invisible aux yeux des clients. Nous recevons plusieurs livraisons par semaine qui peut être du réassort en fonction des ventes ou de la nouvelle collection. Il faut contrôler la livraison, afficher les prix sur les étiquettes, poser un antivol sur les vêtements, plier, ranger. Une tâche assez redondante. Dans les rayons, nous devons également rester vigilante par rapport aux potentiels vols.
  • Le merchandising : c’est un moyen marketing qui met en avant des techniques de présentation des produits pour les mettre en avant et donc renouveler l’intérêt des clients. Dans la boutique où j’étais, le merchandising était renouvelé toutes les deux semaines. Il faut donc soit changer la vitrine, changer les mannequins, changer la disposition des produits, les vêtements sont pliés aux carrés pour garder le côté esthétique. Puis il faut plier, replier, re-replier, re-re-replier, tout en restant disponible pour aider les clients. En période de solde, autant vous dire que le pliage au carré est mis au second plan pour essayer de garder une apparence plutôt présentable des produits.
  • Le fonctionnement par objectif : tous les matins, il y a un briefing fait par le manager pour l’équipe. Il permet de rappeler les objectifs mensuels et journaliers, ainsi que les attentes de la marque. Certaines boutiques pratiques les objectifs individuels, d’autres seulement les objectifs en équipe. Dans cette boutique, on avait des objectifs individuels qu’il fallait de préférence atteindre ou dépasser avant la clôture de la journée. Avec le recul c’était à la fois stimulant, car j’avais un objectif précis et me forçait à me dépasser, mais cela me procurait du stress supplémentaire. Heureusement que j’étais tombée sur équipe bienveillante et qu’on pouvait se soutenir.
  • Mon développement personnel : en 6 mois, j’ai eu l’impression d’avoir fait dix bons en avant. J’ai appris à avoir un peu plus confiance en moi grâce aux ventes et aux relations que je créais avec les clientes. J’était une boutique de quartier, donc au fil des mois, j’arrivais à fidéliser certaines clientes, ce qui était très gratifiant. Du coup, j’arrivais plus aisément à aller vers les clients, à les aborder, à partager mon avis et mes conseils.

Je passe d’une boutique de quartier à un flagship

Six mois plus tard, j’ai dû quitter la boutique suite à une rupture de contrat, ce qui n’étais pas prévue au programme. Quelques semaines après, j’ai retrouvé un poste dans une autre boutique, une autre marque, mais cette fois c’était ce que l’on appelle un flagship store. Ce mot anglais qui désigne le lieu de vente emblématique de la marque au niveau d’un pays ou d’une ville. Cela signifie une boutique plus grande, une équipe plus importante, une nouvelle organisation et une autre façon de travailler.

Un flagship store brasse beaucoup plus de monde, ce qui demande plus de flexibilité et d’exigence au niveau du service. Il arrive que je passe plus mon temps à servir un client que de prendre mon temps pour lui apporter un conseil, mais en fin de semaine c’est quasiment impossible. Heureusement que l’équipe est plus conséquente. Je suis passée d’une équipe de 4 à 15 personnes (sans compter les étudiants qui sont de passage). Au départ ce n’était pas évident de trouver sa place, car j’avais moins de marche de manoeuvre et de responsabilité par rapport à ce que j’ai pu connaître, les rôles sont plus segmentés pour que le service reste fluide tout au long de la journée. Finalement, cela me laisse une impressionne plus « industrielle » de la vente.

Dans cette boutique, il y a une section pour homme. Une nouvelle expérience de vente que je trouve intéressante. Aborder et vendre un produit à un homme est complètement différent qu’à une femme. L’homme a besoin d’espace, la vente est plus lente, privilégiera le confort et il reste plutôt ouvert aux propositions, alors qu’une femme sera plus pressée, privilégiera l’esthétique et un peu plus méfiante à être abordée. J’en fais une généralité, mais c’est ce que j’ai pu observer.

Un choix que je ne regrette pas

Le métier de vendeuse peut sembler « facile » en apparence (du côté client), sans réelle difficulté. Moi-même je l’ai pensé auparavant, car je ne m’étais jamais réellement intéressée à ce métier. Mais la « magie » de ce travail est de justement faire vivre aux clients la meilleure expérience possible, sans afficher l’effort fourni, non ? En tout cas, même si certaines journées se ressemblent et que les tâches redondantes, il y a encore beaucoup de choses à apprendre, que ce soit auprès des clientes à travers le conseil, dans la gestion d’une boutique ou pour mon développement personnel.


***

J’espère que ce nouveau billet vous a plu. Merci d’avoir lu jusqu’à la fin. Je vous l’accorde, il était assez dense, mais je tenais a vous présenter tous les aspects de ce métier à travers mon expérience.

Est-ce que vous avez déjà été dans la vente ? Pour un stage ? Un job étudiant ? Un job permanent ? Comment cela se passe pour vous ? Venez me le partager en commentaire. Je suis très curieuse de savoir 😊 !

En attendant je vous embrasse et vous dis à très vite.

Elodie

8 réponses

  1. Super article sur ton partage d’expérience ! Pour ma part, j’ai testé ce job l’été à l’époque du lycée dans différents domaines, c’était sympa le contact avec les clients mais ce que j’ai détesté le plus c’est attendre le client. En ouvrant mon commerce j’ai connu ça en semaine, parfois j’avais moins de 10 passages dans la journée et c’est vraiment déprimant. Aujourd’hui, je ne me vois pas refaire ce job ou réouvrir un magasin.

    1. Merci Julien pour ton partage d’expérience. Je suis d’accord avec toi. Pour avoir vécue cette situation dans la boutique de quartier où j’étais, lorsqu’il n’y avait plus de client ou très peu, j’étais complètement démotivée et on se sent vite inutile. C’est un peu frustrant.
      En tout cas je trouve ça très courageux d’avoir tenté l’aventure d’ouvrir un magasin en tant qu’indépendant 💪🏻 !

    1. Oui c’est sûr ! D’ailleurs il y a des métiers plus difficile encore que la vente dans le prêt-à-porter. Je pense à ceux qui sont dans l’alimentation/eureka. Je me dis qu’il faut juste rester tolérant et bienveillant 😊. Merci pour ton commentaire Anne !

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