Pourquoi je n’achèterai jamais de maille en Angora

L’hiver s’est bien installé par ici même si les premiers flocons de neige se font attendre. Enfin bref, je ne suis pas là pour vous parler du beau temps, mais plutôt de poils, plus précisément de poils d’angora. Si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez que je souhaite seulement porter des vêtements composés de fibres 100% naturelles… pourtant, il y a une fibre naturelle que je bannis de mon dressing : l’angora. Pourquoi ?

J’ouvre une parenthèse. Ici, je fais référence aux poils de lapins d’angoras. Ferme la parenthèse.

C’était peut-être innocent, mais je pensais qu’un pull pouvait seulement être fait à partir de la laine de mouton, de chèvre ou de lama était utilisée. Récemment, j’ai même découvert que certaines marques utilisaient des poils de raton laveur … oui vous avez bien lu, de raton laveur. Pour en revenir aux poils de lapins, ce n’est pas tant la fibre qui me dérange mais plutôt les pratiques qui s’y cachent …

La découverte d’une pratique peu conventionnelle

Dans la précédente boutique où je travaillais, ils avaient une large gamme de pull d’hiver en angora, de toutes les couleurs (ils sont d’ailleurs assez connus pour ça). C’était la première fois que je touchais ce poil et j’étais surprise de découvrir à quel point c’est doux ! D’ailleurs, il est considéré comme une fibre textile noble. Avouez qu’il y a de quoi être séduite ? En tout cas, je l’étais : une matière naturelle, respirant, le pull ne comportait aucun mélange avec du synthétique. Une fibre parfaite pour s’y blottir ! Avant de me décider, j’ai quand même voulu faire une petite recherche sur internet pour en savoir plus. Des minutes s’écoulaient, lorsque je tombe sur des articles qui m’ont fait froid dans le dos …

Élevage de lapins Angoras
Source : l’association One Voice

« Le scandale éclate en 2013 après la diffusion d’une vidéo de Peta sur les réseaux sociaux. Infiltrés dans des exploitations chinoises, des membres de l’association dévoilent des images de lapins angoras tenus par les pattes, pendus la tête en bas, coincés entre les genoux de l’éleveur, se faire arracher les poils à main nue.
Après avoir subi cette torture tous les trois mois pendant deux à cinq ans, les lapins sont généralement envoyés à l’abattoir pour être égorgés.

Je vous épargne les vidéos qui accompagnent cette investigation, mais je peux vous garantir qu’ils sont terrifiants … Pour les curieux, ils sont disponibles ici.

À l’intérieur des élevages des lapins angoras

« Les femelles sont un peu plus fragiles que les mâles au niveau de la peau. Il arrive que ça déchire. Il y en a des fois, tiens – pouf – il y a un bout de peau qui vient avec. Quand ça commence, j’ai vu des fois je lui aurais arraché tout, j’étais obligé de finir aux ciseaux parce que toute la peau venait, alors là tu passes du temps. J’ai vu des fois passer deux heures sur un lapin qui se déchirait de partout. Des fois tu te dis, il faut mieux lui foutre un coup sur la tête, celui-là. »

Un éleveur français a déclaré à l’association One Voice

Je me rappelle être tombée sur un reportage vidéo sur les fourrures animales, dont les images me restent en tête. Des journalistes avaient visité les élevages de lapins angoras et les marchés de fourrures en Chine. On y apercevait des lapins entassées dans des petites cages en fer qui sont empilés les un sur les autres. Comme ces cages ne sont pas nettoyées, ils passent donc leur journée à cohabiter avec leurs excréments et finissent par développer des maladies. Ensuite, ils ont visité un marché de fourrure animale en caméra cachée… le choc lorsque j’apercevais à travers mon écran des centaines (voire plus) d’animaux morts comme des renards, des lapins et bien d’autres, qui étaient étalés sur des bâches plastiques.

En 2016, l’association One Voice révèle des images après plusieurs mois d’investigations dans différents élevages français. Il en ressort que les conditions d’élevages français n’ont finalement pas de sort plus favorable que ceux de Chine.

Ces révélations avaient choqué l’opinion publique. Cette année là, les marques de prêt-à-porter qui vendaient des produits comme des pulls, chaussettes et écharpes composés d’angora, décidèrent aussitôt de suspendre leur production tout en continuant à les exposer dans les rayons. Certains fabricants/marques promettent le retrait de ces produits du marché asiatique pour se tourner vers la production française, considérée comme plus respectueuse du bien-être des lapins … ce qui n’est majoritairement pas le cas d’après les associations.

Ces informations ont suffi à me convaincre de ne pas les encourager à travers ma consommation, qu’importe le discours éthique des marques. D’ailleurs, même si je trouve que l’industrie textile devrait arrêter cette pratique, je me suis demandé s’il était nécessaire d’arracher ces poils à l’animal ? Car s’ils le font c’est pour une bonne raison. N’y a-t-il pas d’autres moyens ? …

Les différentes pratiques dans l’industrie textile

Il faut savoir que dans l’industrie textile, plus une fibre/poil est long, plus il permettra d’obtenir un tissu/lainage de très bonne qualité. Par exemple, un poil long garanti une meilleure qualité de la maille et peut ainsi éviter qu’elles ne boulochent trop (retrouvez les réponses aux questions que vous vous posez le plus sur les mailles dans ce billet). Et comme il est primordial d’obtenir un poil long dans un temps imparti, les industries n’hésitent pas à recourir à des pratiques peu éthiques … c’est le cas pour les lapins d’angoras.

Après quelques recherches, j’ai découvert qu’il existe 3 types de pratiques pour récupérer les poils d’Angora :

  • À l’aide d’un peigne : une pratique naturelle et sans douleur pour le lapin. Il permet de récupérer le poil long en brossant l’animal. Mais cette pratique ne peut être industrialisée car elle demande beaucoup de temps puisque le lapin est brossé tous les 100 jours, au moment de sa mue.
  • À l’aide d’une tondeuse : c’est sans doute la pratique la plus rapide, mais en coupant la toison à sa base, on récupère un poil plus court et plus glissant. La laine sera donc de moindre qualité.
  • À la main : la pratique la plus courante dans l’industrie textile. Elle est rapide et on récupère un poil long. Mais, comme vous avez pu vous en apercevoir, cela implique de faire souffrir l’animal

À noter : sachez que l’Angora est une matière qui n’a pas besoin d’être souvent lavée en machine. Il suffit seulement de l’aéré sur un cintre. La matière est naturellement antibactérienne, le contact de l’air lui suffit donc pour s’auto-nettoyer. Pour en savoir plus, je vous invite à lire ce billet.

Que puis-je faire de mon côté?

Honnêtement, je n’ai pas d’astuces à partager. Je suis assez sensible et cette pratique m’a choquée et déplu. Donc ma décision était sans équivoque, car même si des marques se protègent à travers une communication, je n’en ai aucune idée de ce qui peut réellement se cacher. Et même si la tonte est une pratique « douce »… au final le produit ne vaut pas la peine d’être acheté et porté.

Si toutefois vous souhaitez consommer des mailles en angora, je vous invite à vous renseigner sur les pratiques qu’utilisent la marque ou ses fournisseurs. N’hésitez pas à leur poser des questions.

Et si vous en avez déjà dans vos armoires, ne culpabilisez surtout pas !
Prenez-en grand soin avec un entretien adapté et je vous invite à regarder chaque étiquette de composition des vêtements avant de l’acheter.


J’espère que ce partage a pu vous aider ou en apprendre davantage sur les pratiques qui se cachent derrière nos vêtements.

À nouveau, ne faut pas culpabiliser si vous avez déjà acheté un produit en poils d’angora. Restons bienveillants envers vous-même ou votre entourage 😉

À très vite ! En attendant, on se retrouve sur Instagram,

Elodie

Pour aller plus loin :
En savoir plus sur l’enquête mené par l’association PETA : https://www.petafrance.com/nos-campagnes/habillement/la-laine-angora-une-torture-pour-les-lapins/
En savoir plus l’article journalistique Libération : https://www.liberation.fr/france/2018/05/07/lapins-angoras-le-supplice-de-l-epilation_1648465

2 réponses

  1. Ça donne la nausée c’est dingue d’en arriver là ! Quand je penses que je souhaitais en acheter…je vais me tourner vers la laine!

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